L'envol des lucioles
Thérapeute du langage
Praticienne et facilitatrice Access à Nantes

Réflexions du moment

✨✨Retour d expérience:✨✨

 

Samedi soir, j’assiste à une classe d’intro XMen, proposée par Ingrid Atamian.

Nous sommes une grosse dizaine de personnes à y assister, dont un jeune d’une huitaine d’années et deux ados de 15 ans.

La soirée est très rapidement intense, à tel Point qu’internet saute à plusieurs reprises. Ça arrive fréquemment pendant ces classes, tellement l’énergie est puissante.

 

Je me sens toujours très touchée par ces échanges...

Ca me parle parce que je me reconnais ... Parce que je suis présente auprès de tous ces enfants là qui avancent avec beaucoup de points de vue, de croyances et de limitations étouffantes, collés à leurs fesses.

Pendant cette soirée, un des ados prend la Parole pour nous témoigner de sa joie d’être dans l’école « particulière » où il va chaque semaine. Il nous explique qu’il est heureux d’avoir des éducateurs qui s’occupent d’eux spécifiquement, de leurs besoins, de leurs talents.

Il parle aussi de sa peur d’aller dans un environnement plus « normal » avec des jeunes de son âge... Il craint qu’on se moque de lui..

L’autre jeune fille, scolarisée en lycée prend elle aussi la parole et dit qu’elle trouve certains jeunes débiles. Elle remarque qu’ils suivent le mouvement sans trop réfléchir.

Elle évoque le harcèlement et est étonnée de les voir se moquer alors que ce n’est pas gentil.

Je suis touchée de rencontrer une telle maturité, une telle conscience lorsque ces jeunes ont un espace de parole...

Fin de la classe... On a tous des yeux différents, encore.

On fête joyeusement cet échange avec une coupette de champagne.

Je butine plusieurs conversations en même temps.

Je capte à un moment le mot « voiture », et une excitation derrière mon dos.

Je me Retourne , Le jeune ado a un sourire jusqu’aux oreilles.

J’observe son petit frère. Il se met à courir sur place et à bouger énergiquement son corps. Son visage est tout sourire, même si celui-ci est tellement grand qu’il en est un peu tendu. L’intensité est montée d’un cran. Il est traversé par une telle excitation que son corps, raidi, a besoin de l’exprimer et de la décharger. Il parle aussi plus vite, plus fort...

Ça y est! Je capte ce qui se passe: on vient de leur proposer un tour en alfa Roméo.!

La joie est immense. Ce petit bonhomme là perçoit tout si fort dans son corps qu’il donne l’impression d’en être envahi.

Pour les adultes présents, c’est ok et nous accueillons sans jugement ces manifestations.

 

Par expérience, ce genre de démonstration, que ce soit dans mon cabinet ou ailleurs, est souvent difficilement reçu. L’adulte va avoir envie de faire baisser rapidement le volume, d’éteindre ces manifestations: ça peut être sous forme d’injonctions: « calme toi, arrête de bouger, tranquille »!

Parfois ce sera par de la menace, des jugements: « ça va pas là tête, si tu t’arrêtes pas, on annule tout »...

C’est vrai que ces intensités sont impressionnantes et que dans cette réalité , nous ne sommes pas invités à manifester tout ceci.

J’ai pensé à ma fille qui a parfois des moments de ce qu’on appellerait vite « folie ». Elle rit très fort, elle peut crier, elle fait des grimaces. Parfois, je remarque qu’il est difficile pour l’autre de recevoir cette puissance énergétique. On lui demande alors de se taire, on lui dit qu’on ne la reconnaît pas.

 

Que se passe t’il en Nous quand on est avec quelqu’un qui dépasse nos limites?

Quel contrôle déclenchons-nous? De quoi avons-nous peur?

 

Et si nous apprenions à reconnaître ces manifestations comme des expressions d’intensité de ce qui les traverse?

Sans vouloir y ajouter une histoire, des raisons, des explications.

Et si nous nous invitions à les recevoir pour ce que c’est?

Et si nous accompagnions les enfants dans cette traversée d’intensités, sans y amener du contrôle et des jugements? Juste en reconnaissant l’expression d’une puissance parfois désordonnée?

Et ... si nous reconnaissions toutes les fois où nous, nous avons baissé le volume parce que l’autre ne pouvait pas le recevoir, parce que ça ne se faisait pas.?

combien de ces intensités avons-nous ravalées , prises au piège dans notre corps, verrouillées et pour lesquelles on s’est donnés tort?

En empêchant ce mouvement de vie, nous le cloisonnons et le mettons en boîte.

Seriez-vous à l’aise si je vous enfermais dans une boîte? Percevez ce que ça peut créer en soi, lorsqu’on imagine cet enfermement? Desespoir? Angoisse? Abandon, rage?

Vous sentiriez-vous en vie?

Et si tout ça était une invitation à déployer notre puissance?

 

Je n’ai aucune recette miracle et on peut se sentir déconcertés par ces manifestations...

Et si on choisissait de ne plus être en réaction face à ces tornades...

Plutôt à être dans le recevoir et les questions, sans jugement, à aller au delà de la manifestation...

Que pouvons-nous être et faire pour accompagner ces enfants, ces personnes dans ces espaces là... au delà des réponses automatiques?


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